La contamination au mercure dans le thon – risques, analyses et solutions
Les récentes révélations de l’association BLOOM concernant la contamination des conserves de thon par le mercure ont attiré l’attention des médias et du grand public. D’après l’étude publiée le 29 octobre 2024, 100 % des échantillons testés dans cinq pays européens contenaient des traces de mercure, et « 57 % dépassaient la limite de 0,3 mg/kg” .
Ces résultats méritent des compléments d’information scientifiques et réglementaires, afin de mieux comprendre les risques et d’identifier les mesures les plus appropriées pour protéger les consommateurs.
Les risques du mercure pour la santé humaine
Selon Santé Publique France, le mercure est toxique pour les humains, il est non seulement nocif pour la santé des populations vulnérables (fœtus, enfants, femmes enceintes) mais il est aussi toxique pour les adultes. Les principaux effets associés à l’exposition par voie orale (alimentation) aux composés de mercure organique (méthylmercure) sont d’ordre neurologique avec des risques en particulier chez les jeunes enfants et les femmes enceintes qui peuvent affecter le développement cérébral du fœtus et entraîner des troubles neurologiques chez l’enfant et l’adulte.
Le méthylmercure, la forme la plus toxique du mercure, a été classé par le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer) comme cancérogène possible pour les humains (groupe 2B), en particulier pour le cancer du rein.
Selon l’OMS, le mercure est l’un des dix composés chimiques les plus préoccupants pour la santé publique mondiale.
La réglementation européenne sur le mercure
La législation de l’Union européenne, avec le règlement (UE) 2023/915, fixe la teneur maximale en mercure dans les poissons les plus contaminés, comme le thon, l’espadon, le marlin mais aussi le flétan, le rouget-barbet de roche… à 1 mg/kg, une limite plus élevée que pour d’autres espèces telles que le cabillaud, le hareng, le saumon, le pangasius et autres sardines, merlans et carpes, pour lesquelles le seuil est fixé à 0,3 mg/kg. Toutes les espèces non listées dans les catégories 3.3.1.2 et 3.3.1.3 du règlement sont, quant à elles, limitées à 0,5 mg/kg.
Cette différence est notamment due à la position élevée du thon dans la chaîne alimentaire, ce qui favorise l’accumulation du mercure sous sa forme toxique, le méthylmercure. Le mercure est ainsi plus présent chez tous les grands poissons prédateurs. Il est donc préférable de suivre les recommandations de consommation du thon établies par l’ANSES, en particulier pour les populations à risque.
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