Hépatite A : tendances actuelles et impacts sur la filière alimentaire

Le virus de l’hépatite A (VHA) constitue l’un des principaux dangers viraux d’origine alimentaire, avec un impact tangible à la fois sur la santé publique et sur la gestion de la sécurité sanitaire des aliments. 

A la différence de nombreux pathogènes bactériens, il n’altère pas les caractéristiques organoleptiques des aliments ce qui lui permet de se propager de manière silencieuse sur l’ensemble de la filière. 

D’un point de vue scientifique, le VHA est un virus à transmission de type féco-oral : le virus est principalement présent chez l’homme, et la contamination se produit par l’eau ou les aliments exposés, directement ou indirectement, par des matières fécales. 

L’hépatite A provoque chez l’homme une inflammation aigüe du foie; les symptômes incluent de la fièvre, des nausées, des douleurs abdominales et de l’ictère (jaunisse).

Hépatite A : cas nationaux et alertes récentes

Les preuves scientifiques et le données de surveillance européennes confirment que certaines matrices alimentaires représentent un risque prioritaire de contamination virale : les mollusques bivalves (moules, palourdes, huîtres), les fruits et légumes consommés crus, y compris les fruits rouges, et les aliments prêts à consommer (PAM) qui ne subissent pas de traitement thermique final. 

Parmi les cas pertinents, on note l’épidémie européenne d’hépatite A de 2013-2014, avec plus de 1 400 cas, dû à la consommation de fruits rouges surgelés.

Ces dernières années, les alertes continuent de confirmer la persistance du risque : de 2025 à aujourd’hui, notre outil Safety HUD a signalé des épisodes de contamination par les virus de l’hépatite A dans des fruits rouges, des fruits de mer et des noix de coco, provenant principalement de Serbie, d’Espagne et de Pologne. 

Au niveau national, l’hépatite A connaît une recrudescence des cas depuis 2025, notamment en Pays de Loire où l’épidémie est toujours active depuis juin 2025. Santé publique France rappelle que la vaccination contre le virus est une mesure de prévention efficace et qu’elle doit être accompagnée de mesures d’hygiène simples dont le lavage fréquent des mains à l’eau et au savon. 

Pourquoi l’hépatite A est-elle un risque difficile à maîtriser ?

Le virus de l’hépatite A (VHA) représente un risque majeur et particulier pour les entreprises alimentaires, non seulement en raison de sa capacité à provoquer des maladies, mais aussi à cause de ses caractéristiques biologiques et des dynamiques de la chaîne d’approvisionnement actuelles. Les raisons de cette difficulté sont les suivantes : 

Résistance environnementale exceptionnelle

Le VHA peut survivre pendant des mois sur des surfaces, des ustensiles et des aliments. Il est résistant à la congélation et aux basses températures. Cela signifie que les aliments congelés, surgelés ou peu transformés – généralement considérés comme sûrs – peuvent transmettre le virus s’ils sont contaminés en amont. Une simple réfrigération ne suffit pas à l’inactiver, ce qui rend les mesures préventives particulièrement cruciales.

Transmission silencieuse

Le virus se propage principalement par voie féco-oral. Les professionnels de l’alimentation peuvent être contagieux même avant de manifester des symptômes ou peuvent rester complètement asymptomatiques. Cela rend difficile l’identification de la source de contamination et augmente le risque d’apparition de cas liés à la manipulation des aliments.

Complexité de mondialisation des filières

Des ingrédients provenant de différents pays peuvent converger dans le même produit. Une contamination survenue à un stade précoce (eau d’irrigation, fruits de mer, fruits importés) peut se manifester beaucoup plus tard, lors de la distribution ou même au niveau du consommateur final, compliquant la traçabilité et la gestion du risque.

Capacité à provoquer de nombreuses contaminations

Bien que l’infection soit souvent spontanément résolutive (auto limitante), elle peut provoquer des maladies graves, une hépatite fulminante chez les individus vulnérables et la mortalité dans des cas extrêmes. La combinaison d’un contagiosité silencieuse et d’une résistance environnementale fait qu’un seul point de contamination peut entraîner une propagation massive des cas, y compris à l’échelle internationale.

Impacts sur la filière alimentaire

La détection du virus de l’hépatite A (VHA) au sein de la chaîne d’approvisionnement constitue un risque sanitaire nécessitant une vigilance de la part des exploitants du secteur alimentaire. Certaines catégories de produits, notamment les denrées prêtes à consommer (PAM), les fruits rouges, les mollusques bivalves et les produits surgelés, présentent une vulnérabilité accrue aux contaminations virales. La gestion de ce risque impose la mise en œuvre de mesures pour garantir la sécurité des consommateurs et la conformité réglementaire.

Les conséquences d’un épisode de contamination sont importantes : rappels de produits, blocages logistiques et arrêts de production entraînent des pertes économiques directes et des atteintes à la réputation difficiles à réparer. 

Pour atténuer ces risques, les entreprises doivent mettre en oeuvre des stratégies préventives intégrées qui comprennent : 

Mise à jour continue des systèmes de sécurité alimentaire

Formation constante du personnel sur les procédures d’hygiène et de sécurité

Adoption de pratiques d’hygiène et d’assainissement efficaces

Surveillance régulière par des tests pour détecter rapidement toute contamination éventuelle

Contrôles rigoureux des matières premières et sur l’ensemble du processus de production

Une approche préventive et structurée permet de protéger la santé des consommateurs, de préserver la réputation de l’entreprise et de minimiser l’impact économique.

L’ accompagnement de Mérieux NutriSciences

MXNS accompagnes les acteurs de l'agroalimentaire dans la prévention et la gestion du risque lié à l'hépatite A par une approche sur mesure : 

Cela permet aux entreprises d’agir de manière proactive, de réduire significativement le risque d’épidémies, de protéger la santé des consommateurs et de préserver la réputation de la marque.