Exportation des aliments : 5 pièges critiques à éviter pour la conformité internationale de votre étiquetage.
Dans sa récente newsletter « IFS Food News & Notifications », l’IFS (International Features Standards) met en avant l’importance capitale de l’étiquetage en le classant dans le TOP 5 des non-conformités les plus fréquemment identifiées lors des audits IFS Food.
Dans la version 8 du référentiel IFS Food, l’exigence 4.3.2 stipule qu’une procédure doit garantir la conformité de l’étiquetage à la législation en vigueur dans le(s) pays de destination des produits et aux exigences des clients.
Les entreprises doivent ainsi être en mesure de démontrer comment elles :
- Assurent la veille sur les lois d’étiquetage dans les pays cibles,
- Évaluent les exigences du marché visé,
- Révisent leurs étiquettes et vérifient leurs traductions,
- Impliquent, si nécessaire, des compétences réglementaires externes
Un étiquetage non conforme à la législation du pays de destination peut entraîner une non-conformité majeure lors d’un audit.
Étiqueter correctement des produits alimentaires pour son propre marché national peut déjà se révéler complexe : les exporter peut amener de nouvelles problématiques et nécessiter de nouvelles compétences. Une traduction linguistique sans contrôle réglementaire peut mener à des saisies en douane, des amendes et des rappels de produits préjudiciables pour l’image de marque.
Pour sécuriser la commercialisation de vos produits à l’international, voici 5 points de vigilance clés.
Conseil 1 : Vérifier la conformité de la recette et la classification du produit
Avant même de penser à la création de l’étiquette, vous devez vous assurer que la composition de votre produit est autorisée sur le marché de destination (conformité de la recette).
- Incompatibilité des additifs : Un additif (comme certains colorants ou conservateurs) parfaitement autorisé dans l’UE peut être interdit ou soumis à des limites de dosage différentes aux États-Unis ou en Asie par exemple.
- Normes d’identité : De nombreux produits sont définis par des paramètres chimiques stricts. Par exemple, un produit dénommé « fromage » dans un pays peut être légalement dénommé autrement dans un autre, selon son taux d’humidité ou sa teneur en matière grasse laitière.
- L’enjeu : Cette classification technique du produit détermine la dénomination légale de l’aliment. Si votre recette ne répond pas aux normes locales, l’ensemble de votre étiquette et de votre discours commercial doit être revu.
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Conseil 2 : Maîtriser les exigences multilingues
Les exigences linguistiques ne se limitent pas à la simple « langue nationale ». Vous devez déterminer les besoins linguistiques spécifiques de chaque région où le produit sera commercialisé.
- Lois régionales : En Belgique, par exemple, commercialiser un produit à l’échelle nationale exige la présence de la langue néerlandaise, française et allemande. Au Canada, l’anglais et le français sont obligatoires et doivent figurer avec une importance égale (taille de typographie et lisibilité équivalente).
- Les mentions d’emploi et de sécurité : La rigueur ne concerne pas uniquement la liste des ingrédients. Les conditions de conservation et les modalités de préparation doivent être parfaitement explicites pour garantir la sécurité sanitaire et la qualité du produit à la consommation.
Conseil 3 : Distinguer traduction littérale et terminologie réglementaire
Dans l’industrie agroalimentaire, la justesse d’un terme dépend de la législation locale et non de l’usage (des termes qui semblent naturels). L’utilisation d’outils de traduction génériques peut comporter des risques.
- Désignations techniques : Par exemple, traduire littéralement l’expression « conservateur de panification » est juridiquement incorrect si l’additif utilisé (comme l’acide ascorbique) doit obligatoirement être désigné sous sa catégorie fonctionnelle légale : « agent de traitement des farines ».
- La classification des catégories d’ingrédients : Même d’un pays francophone à un autre, les définitions légales divergent. Au Canada, les antioxydants sont assimilés à une sous-catégorie de conservateurs, alors qu’ils constituent une catégorie fonctionnelle distincte dans l’Union européenne. Ne pas intégrer ces nuances rend immédiatement l’étiquette non conforme.
Conseil 4 : Intégrer les normes techniques et les codes culturels du marché cible
L’emballage et l’étiquetage associé communiquent autant par leurs textes que par leurs symboles ou leurs formats d’affichage. Vous devez adapter le visuel aux habitudes réglementaires et culturelles du pays consommateur.
- Systèmes de mesure et formats nutritionnels : Votre marché impose-t-il le système métrique (g, ml) ou des unités d’usage local (cups, spoons) ? Votre déclaration nutritionnelle doit-elle être exprimée pour 100 g (standard européen) ou par portion de consommation (Serving Size, selon le standard FDA américain) ?
- L’impact des visuels : Les illustrations font partie intégrante de l’information délivrée au consommateur. Un pictogramme « pouce vers le haut » évoquant la qualité en Occident est considéré comme une injure dans certaines régions du Moyen-Orient ou en Grèce. Une validation culturelle du graphisme est indispensable.
Conseil 5 : S’appuyer sur une expertise réglementaire plutôt que sur un simple traducteur
La complexité du droit alimentaire international dépasse le champ de compétence d’un traducteur ou encore d’une agence de traduction classique. Ce travail exige la maîtrise approfondie des codes alimentaires et des réglementations locales.
- Faire face à la prolifération normative : Entre l’évolution constante de la réglementation européenne et l’hétérogénéité des droits nationaux, le risque d’erreur ou d’omission est élevé.
- Sécuriser la mise sur le marché : Qu’il s’agisse d’une relecture documentaire systématique ou d’un audit de vos lignes de conditionnement, l’accompagnement par des professionnels en réglementation ou des consultants expérimentés constitue une première protection contre les saisies en douanes et les litiges fiscaux.
Exporter vos produits : La checklist
Avant d’envoyer vos fichiers pour impression, posez vous les questions suivantes :
- La totalité des ingrédients et additifs de la formule est-elle autorisée dans le pays de destination ?
- La dénomination de vente retenue est-elle conforme aux définitions légales locales ?
- Les mentions obligatoires utilisent-elles le vocabulaire réglementaire exact et non une traduction littérale ?
- Le tableau nutritionnel respecte-t-il le format du pays acheteur (par exemple : « pour 100 g » vs « par portion ») ?
- Le Bon À Tirer (BAT) a-t-il été contrôlé et validé par un spécialiste de la réglementation alimentaire ?
Exportation agroalimentaire : Comment nous sécurisons vos projets
Réussir son développement à l’international exige plus qu’un dictionnaire : cela nécessite une parfaite maîtrise des réglementations relatives à l’alimentation. Les consultants de Mérieux NutriSciences vous accompagnent dans la validation de vos informations produits et vous apportent une veille réglementaire sur mesure pour anticiper les évolutions sur vos marchés.
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