6 Décembre 2018
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Une table ronde riche en discussions sur l’alimentation de demain

Ce mardi 27 novembre, dans le cadre du 3e Forum franco-chinois de Lyon, Mérieux NutriSciences a réuni des spécialistes français et chinois à l’Hôtel de Ville pour répondre à la question « Comment mieux nourrir les citoyens dans la ville de demain ? ».

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Provenant de deux pays très distincts et d’horizons divers – spécialistes en nutrition, sciences de l’alimentation, sociologie du consommateur et restauration écologique – les intervenants ont pu échanger autour de trois grands thèmes :

1- Vers une alimentation plus sûre

2- Vers des villes plus résilientes

3- Vers une nutrition plus bénéfique.

Alain Mérieux, invité d’honneur de cette table ronde, a introduit le sujet en mettant en exergue le rôle de l’alimentation dans la santé des populations, dans un contexte où la population mondiale augmente et s’urbanise. Il a rappelé l’importance d’une approche globale de la santé prenant en compte la médecine mais également l’alimentation, la nutrition et l’éducation.  

Loïc Fayet, fondateur de « Lieux de liens » et modérateur de la table ronde, a tout d’abord interrogé les intervenants sur les différentes options pour sortir d’un modèle de production intensive et s’orienter vers des pratiques durables. Si du côté français, les circuits courts se multiplient et les collectivités territoriales s’organisent pour développer et structurer les approvisionnements locaux, côté chinois l’accroissement de la population rend inévitable l’accélération de la production industrielle des aliments. Toutefois, la nécessité d’augmenter la résilience alimentaire des villes, actuellement de l’ordre de 3 à 5 % en moyenne en France, fait l’unanimité : les villes doivent pouvoir avoir accès à une alimentation sûre et adaptée, et devenir plus autonomes. Carole Chazoule de l’ISARA, souligne le fait que « cette résilience viendra du maintien de la diversité des systèmes d’approvisionnement et de l’accompagnement de ceux-ci vers plus de durabilité ». L’agriculture urbaine, en terre ou hors-sol, qui voit le jour dans certaines régions, soulève des questions de sécurité sanitaire en lien avec la pollution ambiante des villes, notamment en Chine, et ne semble pas pouvoir répondre aux enjeux d’approvisionnement. Selon le Pr. Shi du département de Food Science and Technology de l’Université de Shanghai Jiaotong : « le retour à la terre des citoyens permet d’assouvir un besoin spirituel, notamment pour expliquer aux enfants d’où viennent les aliments, mais ne règlera pas la problématique des volumes ».

Sur le sujet de la nutrition, chinois et français s’accordent à dire que les problèmes de surpoids et les maladies métaboliques sont un fléau dans nos sociétés modernes. Les deux pays tentent d’y remédier en investissant dans la recherche clinique, (nutrition personnalisée, rôle du microbiote et de certains ingrédients actifs), et en impliquant les pouvoirs publics dans la promotion de bonnes habitudes alimentaires. De façon similaire au guide du PNNS en France, un guide grand public a été développé par les autorités chinoises et recommande de consommer davantage de céréales et de produits laitiers (qui ne sont pas dans les habitudes de consommation chinoises).  Reste bien sûr à veiller à l’efficacité des messages formulés. Quant aux supplémentations, il a été rappelé qu’elles peuvent être intéressantes si la biodisponibilité des nutriments qu’elles apportent en est confirmée. Il est en effet connu que l’apport de nutriments hors de leur matrice alimentaire d’origine peut modifier leur capacité à être assimilé par l’organisme.   

Julie-Anne Nazare, du Centre de Recherche en Nutrition Humaine de Rhône-Alpes, prône une approche holistique : « Il ne faut pas opposer le médical et l’industrie agro-alimentaire, il faut travailler ensemble pour que l’alimentation et la santé des citoyens soit la meilleure possible ». Les villes sont et resteront diverses par leurs tailles, leurs physionomies, leurs habitants et leurs géographies. Il faut donc adapter voire combiner les différentes approches possibles. Les villes sont  et resteront l'échelon le plus pertinent pour adresser ces enjeux d'une alimentation durable, de qualité et accessible au plus grand nombre.